Sécurité au Burkina Faso : L’application du Droit international humanitaire (DIH) en débat

Le comité international de la Croix rouge (CICR) a organisé une conférence débat axée sur les 60 ans d’adhésion du Burkina Faso aux conventions de Genève le vendredi 12 novembre 2021 afin de faire le bilan des 60 ans après cette adhésion et réfléchir sur les défis et perspectives.

Pour faire une halte sur les 60 ans d’adhésion du Burkina Faso à l’époque Haute-Volta aux conventions de Genève, les membres du comité international de la Croix rouge ont organisé une conférence débat pour des échanges sur la mise en œuvre de ces conventions, quels sont les défis à relever et les perspectives à projeter.

« 60 ans d’adhésion du Burkina Faso aux conventions de Genève : état de mise en œuvre nationale, défis et perspectives ». C’est ce thème qui a nourri les échanges entre panelistes et l’assistance.

Le point chaud de ces échanges a porté autour de l’épineuse question si le droit international humanitaire (DIH) doit s’appliquer au Burkina Faso dans son contexte actuel de dégradation sécuritaire. Un des panelistes, Dr Zakaria Daboné a rappelé que le terrorisme en soi n’est pas concerné par le droit international humanitaire (DIH). Mais il est applicable quand il s’agit d’un conflit armé. Quand le terrorisme prend une autre tournure pour devenir un conflit, le DIH peut être appliqué en ce moment, dit-il.

Selon lui, tout le monde, que ce soit le gouvernement ou l’armée déclare publiquement que le pays est en « guerre » mais personne ne veut assumer quant à l’application du DIH concernant la situation sécuritaire actuelle.

Toujours sur l’application du DIH dans le cadre de la crise sécuritaire du Burkina, la secrétaire permanente du comité interministériel des droits et du DIH, Julie Francine Yonli n’a pas voulu se prononcer sur la question. Nonobstant, elle note que ce droit est appliqué d’une manière ou d’une autre via le droit international.

Le colonel Jean Célestin Bernard Ouattara, coordinateur de la cellule du DIH au ministère de la défense, s’est également abstenu sur cette question. Mais il renseigne que depuis 27 ans maintenant le DIH est enseigné dans les écoles militaires burkinabè à tous les niveaux c’est-à-dire du soldat à l’officier. Comme perspectives, il propose la relecture de la cellule du DIH.

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Lazare Zoungrana, secrétaire général de la Croix-Rouge burkinabè a noté qu’en terme de mise en œuvre, presque tous les villages et recoins du Burkina Faso disposent d’un volontaire de la Croix-Rouge. Il a suggéré comme perspectives de passer du stade de l’information à l’éducation pour permettre aux populations de s’approprier les principes fondamentaux des conventions de Genève.

Laurent Saugy, chef de délégation du comité international de la Croix-Rouge (CICR) a félicité le Burkina Faso qui n’a pas hésité un seul instant et qui a adhéré aux conventions de Genève juste après son indépendance.

Également, il a affirmé que les défis auxquels fait face le Burkina Faso aujourd’hui donnent une profondeur « extrêmement particulière » au droit international humanitaire pour la protection des personnes affectées par la crise de conflit armé non international.

La remise des prix aux lauréats de la deuxième édition du concours humanitaire organisé par le CICR a aussi été un des moments forts de cette rencontre. Abdelaziz Nabaloum des Éditions Sidwaya a été lauréat de ce prix. Il a reçu une enveloppe de 300 000 FCFA, un trophée et des gadgets CICR.

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