Michelle Bachelet : La coupure d’internet mobile est « malheureuse » et envoie un « mauvais message »

Michelle Bachelet Jeria, la haute-commissaire des droits de l’homme des Nations Unies en visite officielle au Burkina, a rencontré la presse avec qui elle s’est entretenu le mercredi 1er décembre 2021. Les sujets abordés ont concerné principalement la situation sécuritaire en lien avec le respect des droits humains.

Face à la presse Michelle Bachelet a dressé le bilan de son séjour pendant lequel elle a rencontré plusieurs autorités, des institutions et des organisations de la société civile.

« Au cours de mes quatre jours au Burkina Faso, j’ai pu engager des discussions franches et constructives sur ces défis complexes avec le Président Kaboré et les ministres en charge des affaires étrangères, de la défense, de la justice et des droits humains, de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale, des femmes et de l’action humanitaire, ainsi qu’avec le Président de l’Assemblée nationale. J’ai eu des échanges importants avec la Commission Nationale des Droits Humains et plusieurs organisations de la société civile ici à Ouagadougou », dit-elle.

Madame Bachelet s’est aussi rendue dans les zones à fort défi sécuritaire pour toucher du doigt la réalité de la situation des personnes déplacées internes. Des personnes déplacées, qui confie-t-elle lui ont dit être impatientes de gagner leur vie : « Nous ne voulons pas la charité, nous voulons avoir la possibilité de faire quelque chose, de gagner notre vie, m’a dit une femme ».

Elle dit être également très préoccupée par la situation sécuritaire, l’augmentation des tensions intercommunautaires, en particulier la stigmatisation des Peuls.

Concernant les allégations d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de disparitions forcées et de violences sexuelles par des groupes extrémistes violents, des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et les forces de sécurité et de défense nationales, celle-là même qui a été élue à deux reprises présidente de son pays le Chili, dit avoir souligné au président du Faso, qu’il est essentiel que tous les auteurs de ces violations des droits de l’homme et de ces abus soient traduits en justice, quelle que soit leur affiliation, « Ce n’est jamais facile, mais c’est essentiel ».

Elle comprend aussi que la détérioration de la situation sécuritaire suscite beaucoup de frustrations et d’impatience. Dans un tel contexte, il est plus important que jamais de créer un espace de dialogue constructif entre toutes les parties de la société, d’exprimer les griefs …

C’est pourquoi la récente décision de couper l’Internet mobile pendant huit jours est « malheureuse »,  envoie un « mauvais message » et affecte l’exercice de nombreux droits.

Il a été aussi question de la situation des jeunes, la participation des femmes à la vie politique et leur accession à de hautes fonctions, du changement climatique lors de ses échanges avec les autorités.

Le Burkina Faso est en proie à autant de crises « majeures et croisées » incluant des défis régionaux et pour elle, « la manière dont le pays fera face à ces défis sera déterminante pour son avenir ». 

Il est essentiel que les droits de l’homme soient au cœur des actions du gouvernement. De ce fait, son bureau national qui attend un début de fonctionnement, (l’accord de siège ayant déjà été signé avec le gouvernement depuis octobre 2021), sera disponible à soutenir les efforts de l’Etat burkinabè.

Aussi, sa visite vise à encourager la communauté internationale à intensifier son appui pour aider à la résolution de cette situation.

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