Inata : L’armée change de fusil d’épaule !

C’est actuellement l’un des documents les plus secrets de la République. Même le nombre de ses pages n’a pas été communiqué, encore moins son contenu. Mais chose promise, chose due. L’on aurait vu rarement une enquête conduite avec une si grande célérité.

Après le drame d’Inata le 14 novembre 2021 et les révélations sur les « dysfonctionnements » qui ont créé les conditions de l’hécatombe, le Chef de l’Etat avait promis une enquête pour faire la lumière sur cette attaque qui a laissé sur le carreau une cinquantaine de gendarmes.

L’enquête annoncée et dont les résultats étaient attendus par toute l’opinion a été menée par l’Inspection générale des forces armées, un service qui a été comme ressuscité pour la circonstance, puisque ce n’est que le 25 novembre 2021 qu’un nouvel inspecteur général, en la personne du Colonel-Major Wendwaoga Kéré, a été nommé par décret.

Quoi qu’il en soit, c’est le ministre de la Défense nationale, le général Aimé Barthélémy Simporé, en personne qui a remis le rapport des fins limiers au Chef suprême des armées le 30 novembre, soit cinq jours plus tard. Maintenant qu’il tient le précieux document entre ses mains, que va-t-il en faire ?

Le « chapeau » du jugement flotte dans l’air !

Dans son discours à la Nation le 25 novembre, le Président du Faso, sur un ton ferme, avait en tout cas promis « tirer toutes les conséquences disciplinaires et engager les poursuites judiciaires appropriées ». Et détail très important, Roch Marc Christian Kaboré avait assuré qu’il en sera désormais ainsi.

Voilà donc des hauts gradés, dont certains soupçonnés de faire preuve d’un dilettantisme coupable voire tremper les mains dans le cambouis au détriment des soldats, prévenus. 

Sans attendre le rapport de l’Inspection générale, le Chef de l’Etat avait déjà relevé de leurs fonctions deux Commandants de l’armée. Mais à prendre le Président au mot, l’heure des sanctions disciplinaires en tout et pour tout lorsqu’on a fauté est maintenant révolue.

Le marteau judiciaire qui sera désormais mis en branle représente à coup sûr une pression supplémentaire qui pourrait pousser chaque acteur de la lutte contre le terrorisme, à quelque niveau que ce soit, à remplir avec soin sa mission.

En attendant de connaître la suite qui sera réservée au rapport d’Inata, l’on a assisté à une valse de bérets, de nouveaux commandants, dont beaucoup de jeunes, ayant été nommés à des postes opérationnels et stratégiques. Signe sans doute que l’armée burkinabè est en train, comme promis par son Chef suprême, de changer de fusil d’épaule…

MISE A JOUR – Aux dernières nouvelles, le président du Faso a rejeté les conclusions de l’enquête sur l’attaque terroriste d’Inata, donnant dix jours pour recevoir un nouveau rapport situant « clairement les responsabilités et sans zone d’ombre ».

La Rédaction

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Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

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