Me Prosper Farama : « Et si on avait écouté les activistes qui tiraient la sonnette d’alarme !»

Le collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) et la coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) ont animé un point de presse sur la commémoration du 23e anniversaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons. Ce mardi 7 décembre 2021 à Ouagadougou, les organisateurs ont dévoilé les grandes lignes de cette commémoration. 

13 décembre 1998 -13 décembre 2021. Cela fera exactement 23 ans que Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune à savoir son frère Ernest Yembi Zongo, son ami Blaise Ilboudo et son chauffeur Abdoulaye Nikiéma ont été assassinés puis brûlés aux environs de Sapouy. 23 ans après la quête de justice et de vérité du CODMPP, de la CCVC et de l’ensemble du peuple burkinabé reste intacte.

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Les Coordinations nationales du CODMPP et de la CCVC, ont décidé de commémorer le 23e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses compagnons autour du thème « Face aux velléités ambiantes de blocage et contre toute consécration de l’impunité au nom d’une quelconque réconciliation nationale, poursuivons avec la même détermination la lutte pour la vérité et la justice pour Norbert Zongo et ses compagnons et pour toutes les victimes de crimes de sang ». 

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A Ouagadougou, il est prévu un rassemblement au cimetière de Gounghin pour un dépôt de gerbes de fleurs à 7h, un recueillement et un hommage à Norbert Zongo et ses compagnons, aux martyrs de l’insurrection populaire, de la résistance au putsch et aux autres victimes. Egalement, il est attendu un meeting à la Place de la Nation à 9h.

Concernant la situation actuelle du dossier Norbert Zongo en justice, des éléments de l’ex-RSP ont été mis en examen.

Le président du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) et président du CODMPP, Chrysogone Zougmoré, est revenu sur le cas de l’extradition de François Compaoré.

« Le 30 juillet 2021, le Conseil d’Etat français, la plus haute juridiction administrative française, a validé l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, rejetant ainsi le recours formé par François Compaoré contre le décret d’extradition. Le 6 août 2021, soit une semaine après, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a suspendu provisoirement l’extradition de François Compaoré, suite à une requête des avocats de ce dernier. Bien que la CEDH ait précisé qu’il s’agissait d’une mesure provisoire, le temps qu’elle examine le dossier, François Compaoré et ses conseils-qui ne ménagent aucun effort pour faire trainer le dossier et tenter de se soustraire à la justice. Depuis ont vite fait de se réjouir et de se lancer dans une communication insidieuse tendant à faire croire à une victoire de l’accusé qui serait désormais protégé de « traitements inhumains et dégradants auxquels il était exposé », s’il était extradé au Burkina Faso. Tout ce parcours traduit la détermination du peuple burkinabè à obtenir justice pour Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune » (Chrysogone Zougmoré) 

En outre, Chrysogone Zougmoré et ses collaborateurs ont donné aussi leur lecture de l’actualité liée à la recrudescence des attaques terroristes au Burkina Faso. Pour eux, c’est un échec du gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme. Cependant, le collectif condamne les privations de liberté.

« En réponse aux populations qui n’ont eu de cesse de les interpeller et qui se mobilisent depuis pour exiger la sécurité, de meilleures conditions de vie, une meilleure gouvernance, le retrait des troupes et bases militaires françaises du Burkina Faso, les autorités ont opposé la répression à travers des restrictions drastiques des espaces de libertés à travers notamment la suspension de l’internet mobile durant plus d’une semaine, des interpellations et arrestations abusives, des emprisonnements et des tentatives de musellement de milliers de travailleurs », a indiqué Chrysogone Zougmoré.

Même dans l’armée de Samory Touré, qu’on puisse laissez des militaires au front, affamés pendant deux semaines…

Sur ces questions d’atteintes aux libertés individuelles et collectives au Burkina Faso, Me Prosper Farama, s’est prononcé.

« Moi je me rappelle d’un client, Naïm Touré. A l’époque, il a fait deux mois de prison parce qu’il avait écrit sur les réseaux sociaux qu’il y a avait de gros problèmes dans la grande muette faisant allusion à des détournements, de mauvaise gestion avec des troupes au front. On l’avait accusé de démoralisation des forces de défense. Aujourd’hui, quelques années après, on est où ? Des militaires, dans un pays, je n’ose même pas imaginer… Même dans l’armée de Samory Touré, qu’on puisse laissez des militaires au front, affamés pendant deux semaines. Ce n’est pas ce que Naïm disait ? Et si on avait écouté les activistes qui tiraient la sonnette d’alarme ! Aujourd’hui, le président semble dire que lui, il est déboussolé, il ne comprend rien. Evidemment, il n’a jamais rien compris apparemment comment ça fonctionne dans l’armée », a-t-il souligné. 

Jules César KABORE

Burkina24

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