Campagne agricole humide 2021 : 20 provinces déclarées déficitaires, plus de 2 millions de personnes menacées par la faim

La campagne agricole humide 2021 n’a pas produit les résultats escomptés. Ce vendredi 10 décembre 2021, le ministre de l’agriculture et des aménagements hydro-agricoles et de la mécanisation, Salifou Ouédraogo a fait le bilan de cette campagne et il ressort qu’au moins une vingtaine de provinces sont déficitaires. Conséquence, si rien n’est fait, plus de 2 millions et demi de personnes seront dans une situation de vulnérabilité alimentaire. 

Pour la campagne agricole humide 2021, le gouvernement burkinabè ainsi que le monde paysan avaient rêvé grand. Les services météorologiques avaient annoncé de belles perspectives et la campagne avait connu effectivement un démarrage précoce à normal dans la plupart des localités du pays.

En début août, les emblavures de superficies céréalières étaient estimées à 4 250 000 ha soit pratiquement 95% des prévisions du ministère. A ce moment-là, au ministère de Salifou Ouédraogo, on parle d’une campagne agricole normale surtout que la situation pluviométrique et l’état de remplissage des points d’eau s’étaient normalisés.

Seulement avec dame pluie, il ne faut jamais crier victoire très tôt. En fin août, le ciel avait généreusement ouvert ses vannes provoquant des inondations localisées. La Boucle du Mouhoun, le Sud-Ouest, les Cascades, l’Est, le Centre-Est et le Centre-Sud sont les plus touchés.

« A peine sortie de cette situation, l’on a enregistré des stress hydriques (sécheresses, ndlr) de durées variant entre 10 et 30 jours au cours du mois de septembre, période pourtant très importante pour la floraison et l’épiaison des cultures tant vivrières que fourragères », commente le patron du département de l’agriculture.

Salifou Ouédraogo, ministre de l’agriculture, des aménagements hydro-agricoles et de la mécanisation 

A ce stade-là, les conditions climatiques défavorables ont déjà entrainé des pertes de superficies de l’ordre de 52 000 ha environ. Pendant ce temps, dans les zones où la crise sécuritaire sévit, les superficies cultivées abandonnées s’estiment à 412 000 ha. Dans ces zones à fort défi sécuritaire, plusieurs forêts sont inaccessibles, limitant l’exploitation des produits forestiers non ligneux. 

A cela, il faut ajouter les effets du COVID-19 qui ont perturbé les circuits d’approvisionnements des intrants agricoles, impactant du coup négativement les performances des exploitations agricoles.

Une production en baisse de 9,07% par rapport à la campagne 2020

Le ministère en charge de l’agriculture qui avait fixé ses objectifs de productions céréalières à 5 990 000 tonnes, est conscient que ses statistiques ne seront plus tenables.  Désormais on estime cette production céréalière à 4 709 489 tonnes soit une baisse de 9,07% à comparer à la production de la campagne précédente et une baisse de 1,60% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Cependant on note tout de même que les productions du maïs et du riz sont en hausse respectivement de 12,9% et de 20,3%. Les autres cultures vivrières comme le niébé, le voandzou, la patate et l’igname n’échappe pas à la baisse.

Quant aux cultures de rente, leur production prévisionnelle est évaluée à 1 659 764 tonnes, soit une baisse de 8,31%  par rapport à la production définitive de l’année précédente. Seule la production du coton a grimpé de 14,2% par rapport à la production de l’année passée.

Selon le ministre Salifou Ouédraogo, la production céréalière permet de combler les besoins de consommation de  94%. Le gap sera comblé, toujours selon lui, par les perspectives d’importation.

« Au regard de cette situation, l’analyse de la vulnérabilité alimentaire montre que les populations ayant besoin d’une assistance immédiate durant la période courante allant d’octobre à décembre sont estimées à 1 646 000 personnes. Si rien n’est fait, d’ici les mois de juin, juillet et août, ce nombre atteindrait 2 632 000 personnes » (Salifou Ouédraogo) 

Il faut alors trouver une parade et le gouvernement burkinabè n’y va pas par quatre chemins. Il faut intensifier les productions agricoles de saison sèche et actualiser le plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition.

Et pour cette campagne dont le lancement s’est effectué au mois de novembre, le gouvernement dit mettre à la disposition des acteurs des engrais et des semences de qualité, 173 modèles d’exploitations agricoles, 726 motopompes et des kits d’irrigation et 500 forages à gros débits pour emblaver les bas-fonds disponibles. 

S’agissant du plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, 200 milliards de FCFA seront mobilisés par le gouvernement et ses partenaires pour orienter les interventions des acteurs, a précisé le ministre en charge de l’agriculture, Salifou Ouédraogo. 

Grosso modo, au sortir de la campagne agricole humide 2021, on note que 20 provinces ont enregistré un déficit de production, 20 autres provinces sont déclarées excédentaires et les 5 provinces restantes sont déclarées équilibrées.

Maxime KABORE

Burkina 24

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