CENI Burkina, à la recherche d’une nouvelle légitimité.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargée de l’organisation des élections au Burkina Faso traverse depuis quelques mois une crise inédite. Son fonctionnement est mis à mal par la démission de certains des membres qui la composent.
L’opposition politique s’est retirée de la CENI. Son fonctionnement est de ce fait, biaisé alors que, sa compétence est remise en cause par la société civile. Son président reste inflexible aux critiques formulées à son encontre; le chef de file de l’opposition avait demandé la démission du président Moussa Michel Tapsoba sans l’obtenir. Cette même CENI est pointée du doigt sur l’élection présidentielle de novembre 2010 dont certains ont décrié l’organisation. L’on se rappelle encore la question de l’illégalité de la carte d’électeur déclarée par le tribunal administratif.
C’est cette situation que vit la commission électorale nationale indépendante burkinabè à moins d’un an des échéances électorales, législatives et municipales couplées. Il y a donc des inquiétudes quant à la capacité de celle-ci à conduire ces élections. Et l’urgence de trouver une solution s’impose.
Face à cette situation explosive dans la conjoncture actuelle que vit le pays, le gouvernement, dans une démarche de dialogue et de conciliation a réfléchi à une alternative qui rende à la CENI la légitimité qu’elle a perdue par l’absence d’une de ses parties. Selon le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Alain Edouard Traoré, il demeure indispensable de reconquérir sa légitimité, et lui donner sa crédibilité d’antan.
C’est ainsi qu’un avant-projet de loi sera soumis à l’Assemblée nationale en vue de l’adoption d’une loi permettant le renouvellement de la composition de la CENI avant la fin du mandat (décision prise en conseil des ministres le mercredi 15 juin 2011). Il s’agira de mettre un terme au mandat de cette CENI et la recomposer. Du reste le renouvellement, s’il a lieu, permettra de redonner à l’institution la légitimité, et la compétence indispensable à son rôle d’organisation des élections.
Cette loi devrait incessamment être votée afin de permettre à la nouvelle équipe d’aller au charbon pour les quelques mois qui nous séparent des législatives-municipales 2012. Elle mettra du même coup fin à la crise qui secoue l’institution depuis plusieurs mois.




