Nobert Zongo : Gerbes d’espoir au cimetière de Gounghin

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Ils réclament justice depuis 16 ans. Le Collectif des organisations démocratiques de masse et des partis politiques, s’est à nouveau recueilli sur la tombe du journaliste Norbert Zongo et de ses trois compagnons, cruellement arrachés aux leurs le 13 décembre 1998. Mais cette année, il y a une lueur d’espoir.

13 décembre 2014. Le rituel a été respecté au cimetière municipal de Gounghin. Représentants d’organisations de la société civile et de partis politiques, familles, amis et connaissances de Norbert Zongo, Abdoulaye Nikiéma, Ernest Zongo,  Blaise Ilboudo et Flavien Nébié, se sont recueillis sur leurs tombes, dans le silence glacial de ce 13 décembre 2014 et non loin des tombes des sept martyrs tombés les 30 et 31 octobre 2014.

Mais cette année, il y a de l’espoir. Blaise Compaoré n’est plus président du Faso et son remplaçant assure que « plus rien ne sera comme avant » et qu’il est temps de mettre fin à toutes les injustices, dont cet horrible assassinat de quatre personnes.

 Blaise Compaoré est parti. « L’espoir de franchir au moins une étape importante dans ce dossier pointe à l’horizon. L’espoir est permis de connaître au moins la vérité sur le quadruple assassinat de Sapouy », formule le président du bureau de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), Gnezouma Sanogo, sur la tombe de Norbert Zongo.

L'espoir est désormais permis pour Norbert Zongo, ses compagnons
L’espoir est désormais permis pour Norbert Zongo et ses compagnons

Espoir enfin de voir une justice indépendante faire connaître la vérité. « J’ose espérer que nous aurons des magistrats intègres, une magistrature indépendante pour dire le droit et que les assassins soient appréhendés et punis à la hauteur de leur forfait », ajoute Me Bénéwendé Sankara, avocat dans le dossier.

Mais les défenseurs du dossier ne se limitent pas aux vœux et aux déclarations des autorités de la transition. Ils affirment maintenir la pression et la lutte.  « Notre optimisme ne repose pas sur les déclarations d’intentions des autorités de la transition, mais sur la détermination du peuple à voir la vérité et la justice triompher dans le dossier Norbert Zongo », indiquent en effet les confrères du journaliste.

Le Procureur du Faso bientôt saisi. La lutte, mais aussi des actes. Chryzogone Zougmoré, le président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), membre du Collectif, assure que des actions seront bientôt menées.  « Nous allons incessamment, par le biais du collectif des avocats que nous avons constitué, demander au Procureur du Faso d’ouvrir le dossier Norbert Zongo », annonce-t-il.

Les martyrs de l'insurrection ont également reçu un hommage
Les martyrs de l’insurrection ont également reçu un hommage

Le non-lieu prononcé sur l’affaire se basait sur l’argument d’absence d’éléments nouveaux, les seuls qui puissent rouvrir le dossier. Le Collectif dit désormais en posséder, d’éléments nouveaux, et ce, grâce à l’insurrection populaire.  « Des documents ont été découverts, notamment chez François Compaoré. Nous avons pu avoir un certain nombre de ces documents sur la base desquels nous pensons qu’on puisse rouvrir ce dossier. Nous pensons que ce sont des éléments nouveaux », révèle Chryzogone Zougmoré.

Hommage aux martyrs. Mais le Collectif n’a pas rendu hommage qu’à Nobert Zongo, ses compagnons et à Flavien Nébié. Des gerbes ont également été déposées sur la tombe des sept martyrs de la Révolution. Justice est également réclamée pour ces derniers.

« Il faudrait commencer par là, parce que c’est encore tout récent. Ce que nous avons demandé c’est qu’on nous dise qui a ordonné de tirer les 30, 31 octobre et 1er et 2 novembre et qui a tiré sur ces jeunes. Dans une armée qui se respecte, surtout au niveau d’un corps d’élite comme le RSP (Régiment de sécurité présidentielle), il est facile à établir, à situer les responsabilités », revendique Chryzogone  Zougmoré, et cela, avant les états généraux.

C’est donc ayant à l’esprit que « plus rien ne sera comme avant », que  la Place de la Révolution sera ensuite investie pour un meeting pour réclamer justice, selon les termes du président du MBDHP; pour les victimes des « 27 ans de dictature de Blaise Compaoré ».

 Abdou ZOURE
Burkina24


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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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