Ouagadougou : Quelques mesures de sécurité routière à l’approche des fêtes

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« Décembre, c’est le mois des fêtes ». Dit-on. Mais, c’est aussi le mois où les secouristes déplorent de nombreux accidents de la circulation surtout à Ouagadougou. Pourquoi ? A cause du mauvais état des infrastructures routières seulement ? Isaak Traoré, moniteur dans une auto et moto école de la place, pense que non. Il donne quelques éléments de réponses sous forme de conseils afin d’éviter certains accidents de la circulation qu’il qualifie déjà d’accidents « bêtes ».

Accidents « bêtes », parce que selon le moniteur, « à Ouaga, tout le monde est pressé, tout le monde a la priorité et en fin de compte, tout le monde a tort ».

5.000 piétons tués chaque semaine…

Pouvons-nous accepter qu’un homme ou une femme soit brutalement condamné à passer le reste de sa vie dans un fauteuil roulant ? Considéré individuellement, l’accident est absurde, révoltant et inadmissible.

Un accident de la circulation n’a pas une seule cause qui pourrait être par exemple une erreur humaine ou une défaillance du véhicule, mais plusieurs causes qui s’enchaînent et dont il n’est que l’aboutissement.

Ainsi, un retard provoque un excès de vitesse, qui provoque la non-observation de la priorité, qui, à son tour provoque la collision. Un accident est donc le résultat d’un processus générateur d’insécurité. 

Les accidents de circulation traduisent partout dans le monde le principal dysfonctionnement des systèmes de transport. Depuis plusieurs années, l’insécurité routière est devenue une question de santé publique.

D’ailleurs, dans un guide pratique de sécurité routière établi par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, 3.000 personnes, dont 500 enfants, sont tuées chaque jour sur les routes de notre planète.

Plus de huit décès sur dix surviennent dans les pays à revenu faible ou moyen. Cela représente 1,2 million de décès par an, auxquels s’ajoutent environ 50 millions de blessés graves dont beaucoup resteront malheureusement handicapés à vie.

L’Office national de sécurité routière (ONASER) renchérit que plus de 5.000 piétons sont tués chaque semaine dans le monde et les tendances actuelles illustrées dans le rapport mondial-2013, prévoient que les décès dus aux accidents de la route augmenteraient globalement de 60% d’ici à 2020, si rien n’est fait.

De plus, la motocyclette étant le mode de transport familial au Burkina, le phénomène de la « motorisation » se développe et surprend par la violence routière qu’il engendre, qui ne fera que s’empirer si l’on ne prend pas des mesures fermes et coordonnées au niveau national et international.

Aperçu de personnes désespérées suite à un accident grave de la circulation (Photo : ©DR)
Aperçu de personnes désespérées suite à un accident grave de la circulation (Photo : ©DR)

Des remarques et propositions de cœur d’un Burkinabè

En guise de propositions, le moniteur Isaak Traoré estime entre autres qu’il faut respecter « prudemment » les règles et la prudence en circulation, obliger le port du casque et de la ceinture de sécurité, proscrire les surcharges et les transports mixtes, bannir l’alcool, le téléphone et la cigarette au volant afin de réduire la fréquence et la gravité des accidents.

Il insiste que chaque usager de la route doit avoir le réflexe de patienter, il ne doit forcer le passage lorsqu’il y a embouteillage, ni occuper anarchiquement les voies, ni s’immobiliser au feu rouge attendant que les autres klaxonnent avant de poursuivre son chemin lorsque qu’il devient vert.

Il poursuit finalement que l’on doit cesser de traiter autrui qui « brûle » le feu comme un chien errant pour ne pas perturber la circulation. Chacun, selon lui, doit tout faire pour respecter le code et les agents de la route qui régulent la circulation et qu’à défaut de ralentir lorsque le signal ou le feu est orange, d’éviter d’accélérer au risque de provoquer un accident.

Vitesse, précipitation, intolérance, « méchanceté » et impolitesse, atteste le moniteur burkinabè, sont les principaux phénomènes de mode inquiétants à Ouagadougou auxquels l’on doit impérativement trouver des solutions.

Certains accidents ne s’expliquent surtout pas, sont « ridicules », tant il suffisait d’un petit geste de tolérance pour les éviter. Il faut néanmoins sensibiliser plus sur la nécessité de la tolérance, de l’observation du bon sens et du respect très prudent des règles élémentaires de la circulation.

Noufou KINDO
Burkina24
 
(Photo à la Une utilisée purement à titre illustratif : Rédaction Burkina24)

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

Il y a 4 commentaires

  1. Je pense que gr?ce ? ces genres d’initiatives et de conseils, le Burkina a connu une baisse du taux d’accidents graves ces derniers temps ? Bobo et ? Ouaga. Merci ? Burkina24 pour ces informations de sensibilisations.

  2. En tout cas, il y a des gens m?me quoi; ils s?arr?tent au feu, non seulement mal emp?chant les autres de bouger, mais surtout il a ttend qu’on klaxonne avant de partir. Et la personne qui est derri?re toi n’a pas de klaxon?

  3. Merci pour ces exemples de mesures de s?curit? routi?re! Cela peut contribuer ? sensibiliser quand m?me les populations Burkinab

  4. Ailleurs il y a plus de v?hicules et des motos mais on ne rencontre pratiquement pas autant de catastrophes dans la circulation routi?re. Dieu du ciel et de la terre, venez ? notre secours. Mais avant il nous faut nous m?me, ? l’?gard des efforts de moralisation de la chose publique; que l’on s’efforce d’am?liorer notre civilit? dans la circulation (sensibilsation d’abord et pourquoi pas repression par la suite). Si la police et la gendarmerie arrivent ? s’en sortir tant bien que mal dans les divers contr?les de la circulation, je pense personnellement que les contr?les de permis (ou autorsation) de conduire allant: des v?hicules, aux tricycles et motocyclettes doivent ?tre mis en place avec rigueur.

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