Restes supposés de Thomas Sankara et ses camarades : Il faut encore attendre les résultats des tests ADN

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Les résultats de l’autopsie et de l’expertise sur les restes du Président Thomas Sankara et de ses douze compagnons exhumés en mai 2015 ont été communiqués ce 13 octobre 2015 aux avocats et aux ayant droits des défunts. Mais seuls les rapports d’autopsie et d’expertise balistiques sont disponibles. Il faudra encore attendre pour connaître si ce sont réellement les restes de Thomas Sankara et ses camarades qui ont été exhumés au cimetière de Dagnoën.

Les avocats et les représentants des familles des victimes sont arrivés ce mardi aux environs de 9h au siège de la justice militaire à Ouagadougou. On y a entre autres noté la présence de Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille Sankara, ainsi que les ayants droits des familles Somda, Sankara et Battiono, entre autres.

Au bout de quatre heures d’audience avec les juges d’instruction, les avocats sont ressortis. Seuls Me Séraphin Somé et Me Bénéwendé Sankara  daigneront donner quelques informations aux journalistes.

Il ressort, selon leurs explications, que les rapports d’expertise et de balistique ont été communiqués. Le rapport des tests ADN n’est pas encore disponible. Y a-t-il une échéance ? « Pas encore, mais ça ne saurait vraiment tarder », répond Me Sankara.

Est-ce lui ? Mais est-ce bien Thomas Sankara et ses camarades qui gisaient au cimetière de Dagnoën ? « Il y a beaucoup d’éléments qui concourent à pouvoir dire que c’est cela, mais il faut encore attendre les résultats des tests ADN pour certifier », répond toujours l’avocat de la famille Sankara.

Cela dit, les rapports d’autopsie et de balistique ont démontré que les suppliciés ont été assassinés avec des armes à feu, utilisées par l’armée. « Les types d’armes qu’on a pu identifier, c’est par exemple les G3, des Kalachnikovs, des pistolets automatiques, peut-être même des grenades qui ont été utilisées. Des armes relevant de l’armée », explique Me Sankara.

Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille  Sankara  © Burkina24
Me Bénéwendé Sankara, avocat de la famille Sankara © Burkina24

Il est établi aussi que la piste du crime, si besoin en était, est évidente. « Il a été conclu que les assassinats perpétrés le 15 octobre 1987 sont d’origine criminelle et les balistiques ont prouvé qu’il s’agissait principalement d’armes à feu, parce qu’on a trouvé des projectiles qui ont prouvé que c’était effectivement des balles qui ont été tirées et qui ont fait des orifices sur les restes », dit-il.

Inculpation. Enfin, il s’avère que des personnes ont déjà été inculpées et certaines déférées. Me Bénéwendé Sankara parle de 8 à 9 personnes, dont quatre étaient présentes avec leurs avocats lors de l’audience de ce 13 octobre 2015. Il y a parmi eux des militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle et le médecin-commandant Diébré Alidou, la personne qui a signé l’acte de décès du président Thomas Sankara en y mentionnant qu’il mort de “mort naturelle”.

Me Bénéwendé Sankara a dit être confiant quant à la suite de la procédure. A deux jours du 28e anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, l’avocat dit avoir “un sentiment de fierté”. « Ça fait déjà plus de 18 ans. On voit se profiler à l’horizon une instruction sérieuse, sereine où les droits de la défense sont garantis »

Il faut souhaite maintenant que tout se passe bien afin « qu’on puisse aboutir à la manifestation de la vérité ». Dès que les résultats des tests ADN sont disponibles, le juge d’instruction pourrait procéder à d’autres convocations ou à des inculpations.

Par ailleurs, le directeur de la justice militaire, le Colonel Sita Sangaré, a annoncé qu’une conférence de presse est prévue le vendredi 16 octobre 2015 sur l’évolution de ce dossier et également celui des victimes du coup d’Etat du 16 septembre 2015, qui a fait, selon un dernier bilan, 14 morts et 251 blessés.

Abdou ZOURE

Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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