Commission de réconciliation : Top 3 des recommandations mises en œuvre

Le 14 septembre 2015, le président de la Commission de réconciliation nationale et des réformes, Mgr Paul Ouédraogo, remettait officiellement au Premier ministre Isaac Zida, le rapport contenant le diagnostic des maux qui minent le Burkina et les recommandations pour les soigner. Le prélat avait souhaité qu’il connaisse un meilleur sort que celui du rapport du collèges des Sages.  Le Premier ministre Isaac Zida avait assuré sous les lampions de la salle de la Primature que le rapport sera immédiatement mis en œuvre. Le putsch intervenu deux jours plus tard a failli le faire mentir. Mais plus d’un mois après avoir prononcé cette promesse, voici  quelques mesures déjà mises en œuvre.

1- Dissolution du RSP

La première des recommandations de la CRNR à avoir été mise en œuvre a été la dissolution du désormais ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). La Commission explique cela en dressant le constat que le commandement de l’armée n’est plus unifié depuis la création de ce corps en 1996. « Le RSP (est) devenu une armée dans l’armée », note en effet le rapport, qui relève, en outre que l’armée nationale est « fortement politisée » et « souffre de la déperdition des valeurs éthiques et professionnelles ».

Cette dissolution a été accélérée par le putsch du 16 septembre qui a fait près d’une vingtaine de morts. Le 25 septembre 2015, le gouvernement mettait en œuvre la recommandation de la CRNR jugée la plus à risque.

2- Création du Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale 

Plus de 5 000 cas de crimes de sang restés impunis ont été recensés par la Commission de réconciliation nationale. Pour le traitement de ces dossiers (dont la liste n’était pas close et qui risque de s’allonger après le coup d’Etat du 16 septembre dernier), la Commission a recommandé la mise en place d’un Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité nationale. Le projet de loi portant sa création a été adopté ce 21 octobre 2015.

Il sera transmis au Conseil national de la transition pour examen et adoption.  Dans le cadre toujours du suivi de la mise en œuvre de ce rapport, le gouvernement a également  nommé un secrétaire technique à cet effet. Le secrétariat technique a été créé le 14 octobre 2015.

3 – La loi portant régime juridique des partis et formations politiques

La commission de réconciliation nationale et des réformes a passé au scanner la vie des partis et formations politiques. Elle a donc recommandé des réformes induisant, entre autres, une bonne moralité des dirigeants  des partis, la transparence dans la gestion de ces partis et une meilleure gestion et contrôle du financement des partis politiques.

Le gouvernement a adopté ce 21 octobre 2015,  le projet de loi portant régime juridique des partis et formations politiques concocté à cet effet par la commission.

Rassemblés par Abdou ZOURE

Burkina24


Ce qui reste à faire

Les recommandations faites par la Commission demeurent cependant nombreuses et touchent à tous les pans de la société burkinabè.

Mais la plus urgente, sur laquelle avait insisté le président de la Commission, c’est la signature de la Charte de la réconciliation nationale. Elle doit être signée par tous les candidats à la présidentielle et devrait constituer la garantie de la mise en œuvre du rapport, qu’importe qui gagnera le scrutin présidentiel.

« Les Burkinabè nous observent. Les Burkinabè attendent certainement beaucoup de ces conclusions. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que leur mise en œuvre soit des plus diligentes et des plus pragmatiques. Il nous faudra être concret », avait déclaré Mgr Paul Ouédraogo, président de la Commission de réconciliation, le 14 septembre 2015

A.Z



Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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