Arrondissement n°8 de Ouaga : Après la destitution du maire, les machettes ont parlé

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Dans la journée du mardi 6 décembre 2016 à Ouagadougou, des affrontements ont eu lieu dans l’arrondissement n°8. C’est la destitution du maire nouvellement élu lors des municipales du 22 mai 2016 qui a été l’élément déclencheur de la vague de colère qui a emporté dans les flammes, des biens privés.

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La situation était toujours tendue lorsque nous sommes arrivés, le mardi 6 décembre dans la soirée, au domicile de Seydou Ouédraogo, premier adjoint au maire de l’arrondissement n°8 de Ouagadougou à Zagtouli. Il a fallu une médiation entre les « gardes du corps » du premier adjoint avant que nous l’atteignions.

« La situation est tendue. On ne sait pas qui est qui, donc comprenez-nous », s’excuse un jeune homme venu calmer ses collègues militants. Seydou Ouédraogo, premier adjoint au maire, est du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), parti politique de l’édile de l’arrondissement, Mamadi Zongo.

« Certains même étaient munis d’armes à feu »

Dans ses explications, Seydou Ouédraogo  explique que tout a commencé après que les conseillers municipaux dudit arrondissement aient voté à la majorité, une motion de défiance (déposée le mardi 29 novembre 2016), pour destituer le maire parce qu’ « il travaille seul ». A propos du conflit, l’adjoint du maire a tenu à préciser que « c’est un problème du Conseil municipal, ce n’est pas un problème individuel ».

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Lors des votes qui ont lieu le mardi 6 décembre 2016, sur les 13 conseillers municipaux, 2 ont renouvelé leur confiance au maire (1 conseiller plus le maire lui-même). Les 10 autres ayant voté pour la destitution du maire, le maire a été « démis de ses fonctions », informe Seydou Ouédraogo.

Des raisons de cette action, le premier adjoint du maire explique que « le conseil a remarqué que dans ses actions, le maire travaille seul. Il prend les décisions seul, et il n’informe pas. C’est ce que je peux dire. Ce qui est à l’intérieur, je ne peux pas décortiquer ». Rien de plus ne sortira concernant le nœud  du problème qui a éjecté le maire de son fauteuil et entrainé l’incendie de plusieurs domiciles et biens privés de certains conseillers.

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Le mercredi 7 décembre 2016, alors que nous faisons le tour de la demeure incendiée de Stéphane Bayala, conseiller municipal de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), le président dudit parti a fait son entrée. Zéphirin Diabré s’est dit consterné et entend mener des actions. Dépité, il prévoit même rencontrer Roch Kaboré à ce sujet.

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C’est après la destitution du maire que tout serait parti en vrille. Selon des sources sécuritaires, des jeunes proches du maire déchu ont d’abord rallié la mairie de Boulmiougou après 12h pour des actes de vandalisme. « Certains même étaient munis d’armes à feu », nous relate la source sécuritaire. A la mairie, les manifestants ont brisé quelques vitres, récupéré des pioches et des machettes du service d’entretien avant de descendre dans des domiciles de certains conseillers.

De ceux-ci, nous avons visité le mercredi 7 décembre 2016, la demeure de Stéphane Bayala, conseiller municipal de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Située à Nonghin au secteur 35, elle est partie en flammes. Dans cette vidéo, le conseiller explique avoir alerté les forces de l’ordre en vain. Ilias Tiendrebeogo, un militant de l’UPC, proche du conseiller sus-cité raconte aussi l’arrivée des “hommes forts” du mardi 6 décembre.

Vidéo – “On a appelé le 17, ils nous dit d’attendre et voilà ce qui est arrivé” (Stéphane Bayala)

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Dans leur vendetta, les « incendiaires » armés de machettes et autres armes de destruction, n’ont pas fait de différence d’appartenance à un parti politique. C’est ainsi que l’auberge de Kassoum Simporé, conseiller municipal du MPP,  a subi la furie des manifestants.

Lorsque nous l’avons rencontré le mercredi 7 décembre 2016 devant ce qui reste de son auberge, malgré notre insistance, la victime n’a pas voulu s’exprimer. Même si l’accès à l’enceinte de l’auberge nous a été refusé, les stigmates du passage des “hommes forts” du mardi 6 décembre 2016 sont visibles.

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Les portes d’entrée principales portent les cicatrices des machettes. Les arbres qui font office de décoration ont été simplement découpés. Lorsque la porte principale s’est ouverte pour laisser sortir un  agent des forces de sécurité, nous avons vu, entassées, des restants de chaises plastiques fondues sous les flammes.

A noter que dans nos recherches d’informations, nous avons maintes fois tenté d’entrer en contact, mais en vain, avec Mamadi Zongo, le maire déchu.

Pour rappel, l’arrondissement 8 de Ouagadougou regroupe les quartiers suivants : Zaghtouli, Zongo Nabitenga, Sogpèlcé, Bissighin, Bassinko, Dar-es-Salam, Silmiougou, Gantin.

Ignace Ismaël NABOLE

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Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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