UNAPOL : « Nous n’allons plus laisser sacrifier certains de nos camarades »

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Après son communiqué soutenant les éléments de la Police en fronde depuis le mardi 18 avril 2017, l’Union Police nationale (UNAPOL), le syndicat de la police burkinabè a, une fois de plus, manifesté son appui aux hommes qui réclament la tête du Directeur de la police et la transparence dans la gestion des services payés (SP). Le mercredi 19 avril 2017, l’UNAPOL a analysé la réaction du ministre de la sécurité sur le malaise au sein de la police.

Relativement à la situation qui prévaut actuellement au sein des compagnies républicaines de sécurité (CRS), le ministre de la sécurité, Simon Compaoré, a rencontré certains éléments en colère pour recadrer les choses. L’Union Police nationale (UNAPOL) estime que le ministre « s’est plutôt appesanti sur ses propres états d’âme et s’est lancé dans une tentative d’intimidation », plutôt que de reconnaitre la « mauvaise gestion qui caractérise la direction actuelle de la Police nationale ».


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Dans les montants perçus pour les prestations des services payés,  la sécurité dans les services privés, une certaine somme était prélevée pour soit l’équipement, soit  une cotisation sociale. Alors que, explique Wakilou Senou, le secrétaire général de l’UNAPOL, la police est toujours « mal équipée ». Par conséquent, poursuit-il, « désormais, nous n’allons plus travailler (dans le privé) pour faire fonctionner le service public. L’Etat doit assumer ses responsabilités », dit-il. 

Aussi avance le secrétaire général, « si l’Etat veut de la sécurité et d’une sécurité véritable, qu’il mette les moyens. Les hommes sont là, ils ont l’expertise nécessaire et ne veulent que les moyens pour travailler », fait remarquer Wakilou Senou.

Pour revenir au partage des gains concernant les services payés (SP), l’UNAPOL précise n’avoir pas la prétention de réclamer un partage égal. « Nous sommes justes, explique Wakilou Senou, parce que quand nous montons la garde dans les sociétés privées, nous utilisons les armes de l’Etat. Ne serait-ce que pour cela, il y a un pourcentage qui doit revenir à l’Etat et nous en sommes conscients ». Cela doit être de même pour leurs supérieurs hiérarchiques, poursuit-il.  

« Cette fois-ci, nous n’allons plus nous chercher »

En sus, selon les policiers, ce n’est pas le montant du SP reversé aux hommes sur le terrain qui fait grincer, mais l’opacité de sa gestion. Les hommes veulent « la transparence ». « Même si on leur dit de venir prendre 500f CFA par mois, qu’on justifie d’où viennent les 500f CFA et ils vont prendre », donne-t-il en exemple.

L’UNAPOL dans sa démarche, assure soutenir les éléments de la CRS en fronde et prévient face au spectre de 2011 où plusieurs policiers avaient été radiés des rangs suite à une mutinerie. « Les policiers de 2011 ont regardé faire, comme disait Norbert Zongo, ‘’chacun se cherchait’’. Mais cette fois-ci, nous n’allons plus nous chercher. Si nous devons aller jusque-là, les conséquences, je ne vais pas revenir sur les détails, mais nous n’allons plus laisser sacrifier certains de nos camarades », prévient Wakilou Senou.


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Aussi poursuit-il : « s’ils essayent de prendre des sanctions contre ces gens qui ont eu le courage de revendiquer ce qui leur revient, l’ensemble des policiers risquent de rentrer dans la danse et en ce moment, moi en tant que SG du syndicat, je vais reculer parce que je ne serais pas convaincu de pouvoir contrôler l’ensemble de la troupe ».

Le syndicat de la police se défend d’être « l’instigateur » de ce qui se passe. Bien au contraire, indique le secrétaire général, c’est l’UNAPOL qui essaye de calmer les ardeurs « parce que nous avons confiance, pour le moment, à la voie de la négociation. Ce que nous souhaitons, c’est que le problème puisse être résolu ».

Ignace Ismaël NABOLE

Burkina 24

 



Ignace Ismaël NABOLE

Journaliste reporter d'images (JRI).

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