Esclandre à la mairie de Ouaga : Le son de cloche du maire Béouindé

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A la mairie centrale de Ouagadougou, dans la matinée du jeudi 18 janvier 2018, la session du conseil municipal s’est terminée en queue de poisson. Pour cause, les conseillers municipaux de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) ont boycotté la session bruyamment. Burkina 24 a recueilli les explications du maire central Armand Béouindé dans l’après-midi de ce jeudi. Lisez plutôt.

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Nous avons convoqué la première session extraordinaire. Exactement 13 points à son ordre du jour.

Mais malheureusement, les conseillers du groupe municipal UPC et CDP (de l’opposition) ont pris en otage notre session. Ils n’ont pas voulu jouer le jeu démocratique jusqu’au bout malgré le fait que toutes les procédures règlementaires et légales ont été mises en branle pour qu’ils y aient les documents et puissent faire leurs amendements comme il faut. A ce spectacle désolant qui n’honore pas du tout notre municipalité, notre démocratie. Ils ont empêché la tenue de notre session.

Suspension. Nous avons été obligés de prendre la sage décision compte tenu de l’état d’échauffement des esprits de suspendre notre session pour la reprendre demain matin. Demain matin à 9 h la session sera reprise. Elle va être reprise parce que le quorum que nous avons est largement atteint. Nous allons appliquer avec beaucoup de rigueur le règlement intérieur de notre assemblée, notre conseil. La session doit se tenir en toute sérénité et que les fauteurs de troubles peuvent être amenés à être mis dehors.

Ces des points proposés à l’ordre du jour qui doivent être débattus, soit acceptés soit refusés. Mais empêcher le débat est antidémocratique.

Le premier point d’échauffement. Dans l’ordre du jour que nous devons débattre aujourd’hui, nous avons proposé une délibération qui porte la révision des seuils d’approbation des résultats des travaux de commissions d’attribution des marchés.

L’ancien seuil d’approbation disait qu’à partir de 1 à 100 millions de F CFA,  l’approbation pouvait se faire par le maire simplement. Ce sont des seuils qui ont été décidés et votés depuis 2003, depuis plus de 15 ans quand le budget  du conseil municipal était à 6 milliards de F CFA.  Aujourd’hui nous avons un budget qui est à 55 milliards. Et en quinze ans,  la ville de Ouagadougou a grandi.

Le seuil à problème. Pour accélérer les procédures – la loi nous donne l’autorisation de soumettre au conseil, d’augmenter les seuils –  c’est pour cela au regard du volume de chantiers qu’il y a sur la ville de Ouagadougou,  au regard de l’importance du budget qu’il y a actuellement, nous avons demandé à ce que ce seuil soit augmenté. Et l’augmentation de ce seuil ne veut pas dire que la maire s’assoit tout seul et décide d’attribuer un marché à x ou y. C’est une approbation. La commission a travaillé avant. L’appel d’offre a été lancé d’une manière régulière. La commission a fait le dépouillement.

Tout ce que nous demandons est qu’à partir de 500 millions qu’on autorise le maire d’approuver au lieu d’attendre le conseil siéger pour approuver. Le nombre de marchés qui sont prévus sont tellement énormes que s’il faut convoquer les 250 conseillers tout le temps pour siéger sur les marchés, on ne va pas s’en sortir.

Légalité. C’est ce point du jour qui posait problème. La règle veut que si on n’est pas d’accord,  on vienne au conseil et on défend son point de vue.     Mais on n’empêche pas le conseil de siéger par des sifflets ou autre chose.

Deuxième point de l’ordre du jour. Le projet de délibération portant révision des seuils d’autorisation des conclusions des marchés par la procédure d’entente directe. Il faut dire que la procédure d’entente directe est une procédure légale, exceptionnelle encadrée par la loi. Là également c’est une question de seuil. Et mieux. Si on devait passer par cette procédure,  il faut qu’elle respecte l’autorité de contrôle qui est le contrôle financier.   

 L’ancienne loi disait que c’était le maire qui devait signer ces marchés. La nouvelle dit – compte tenu du fait qu’ont peut augmenter les seuils – il faut que le conseil municipal trouve en son sein quelqu’un de compétent qui puisse approuver et étudier ces marchés et les signer. Il fallait qu’on pose le problème qu’on en discute, et qu’on choisisse quelqu’un qui allait signer ces marchés.

L’opposition est plus dans une logique de déstabilisation que de construction.

Raison garder. Nous estimons que le fait d’avoir suspendu la session, cela va apaiser les cœurs.   Et chacun va se donner une raison. Quand on est élu municipal, c’est un sacerdoce. Et on a décidé de mettre un peu de son temps au service de la population. Nous sommes au conseil pour discuter des problèmes de la commune, pour consacrer notre temps à la réflexion pour voir comment faire des investissements et comment agir afin que le vivre-ensemble soit une réalité et soit un vivre-ensemble paisible.

Si nous refusons ce cadre-là, quel est notre intérêt de dire que nous sommes des élus ? Ceux qui vont perturber, nous allons leur demander de prendre la porte. Ils ont la rue s’ils veulent manifester, qui doit respecter des règles. Au sein du conseil municipal, la sérénité doit régner.

Nous faisons confiance à nos conseillers en nous disant que la nuit porte conseil. Surement qu’ils vont revenir avec de meilleurs sentiments. Notre rôle en tant que dirigeant, c’est d’avoir l’initiative et faire des propositions. Ensemble d’une manière consensuelle on trouve une solution pour pouvoir avancer.

J’estime que s’il y a des problèmes il faut les poser et trouver des solutions et non empêcher même que  les problèmes soient posés. Empêcher que  les problèmes soient posés, c’est chercher autre chose que la bonne gouvernance.

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Propos recueillis par Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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