Ministre de la culture ivoirien : « Il faut laisser les artistes africains circuler librement »

Des nombreux thèmes qui ont été abordés aux rencontres professionnelles au MASA 2018, figurait la problématique de la circulation des artistes et les œuvres, un thème qui a fait l’objet de débat organisé par l’OIF. A la cérémonie de clôture, le ministre ivoirien de la culture et la francophonie, Maurice Kouakou Bandamaest revenu sur la question en demandant à l’organisation de mettre en œuvre un passeport francophone pour assurer la libre circulation des artistes.

« La création du MASA, rappelle Maurice Kouakou Bandama, avec des organisations internationales de l’époque dont la Francophonie, l’Union européenne avaient pour rêve d’assurer la promotion  et la circulation des créations du sud dans le monde entier, principalement dans les espaces du nord grands consommateurs des œuvres de l’esprit ».

Une décision qui pour lui répond à un désir de justice et d’équité,  de lutter contre la pauvreté et à donner de la chance à ces créateurs talentueux du sud.

De ce fait, constate-t-il, de nombreux groupes d’artistes dans toutes les disciplines ont pu faire le tour du monde, ont pu accéder à la notoriété, ont pu sortir de la précarité et répandre de l’amour et de la joie.

Cependant, déplore-t-il, ce bel élan est aujourd’hui freiné en raison de la crise de l’immigration irrégulière. Grandes victimes de la restriction de la circulation, mêmes invités de façon régulière à des festivals, concerts en Europe, « nos artistes sont privés de visas« , dit-il.

Dénonçant ainsi une injustice à l’égard des artistes et créateurs africains,  Maurice Kouakou  Bandaman a plaidé auprès des organisations internationales afin qu’elles laissent les artistes africains  »circuler librement » à travers le monde.

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« Ce n’est pas juste que ceux du Nord viennent se produire sur les scènes du Sud et ceux du Sud  ne puissent pas aller se produire au Nord.  Ce n’est pas juste. Laissez-les partir», a-t-il soutenu.

S’adressant à la secrétaire générale de l’OIF par le biais de sa directrice de la langue, culture et diversités Youma Fall, présente à la cérémonie,  il rappelle que lors d’une conférence des ministres francophones,  il avait été suggéré la création d’un  passeport de l’espace francophone afin de permettre aux penseurs, aux enseignants, aux hommes d’affaires, aux artistes de circuler librement. Aux jeux de la Francophonie derniers en Côte d’Ivoire, les artistes ont réitéré la demande.

« Du haut de cette tribune du MASA, nous voulons rappeler cet engagement. Oui, il faut laisser les artistes circuler librement. Que les artistes soient libres d’aller et de venir, les artistes ne se sédentarisent pas. Ils vont et viennent. Alpha Blondy a fait le tour du monde, il est ici à Abidjan, il va et il vient. A’salfo et le groupe Magic System tous jeunes qu’ils sont, ils vont et ils viennent, ils sont à Abidjan. Tiken Jah, Meiway, Ismael Isaac, Youssou N’Dour, ils vont et ils viennent ».

« Pour une question d’équité, nous prendrons ce combat en main», a-t-il laissé entendre.

Revelyn SOME

Burkina24



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