Yacouba Isaac Zida : « Je sais qui je suis »

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Yacouba Isaac Zida, l’ancien Chef d’Etat, puis Premier ministre sous la transition qui a suivi la chute de l’ancien Président du Faso Blaise Compaoré, a écrit un livre où il clame : « Je sais qui je suis ». Il s’agit de 332 pages, tapissées de foi en Dieu, du tome 1 des témoignages de celui qui est soudainement apparu aux Burkinabè un certain 31 octobre 2014.

On apprend des choses dans ce livre. Yacouba Isaac Zida a eu une enfance difficile. Il a été « insoumis » au Prytanée militaire du Kadiogo. Il a balayé, en tant que manœuvre, l’ancien siège de la cour du FESPACO, qui abrite aujourd’hui le Conseil économique et social (CES). Il a aussi labouré le sol de la vallée rizicole du Sourou en tant qu’agriculteur.  Mais ce n’est pas tout.

Le sauveur

Yacouba Isaac Zida apprend qu’il a protégé le Général Gilbert Diendéré à deux reprises en 2011 pendant la mutinerie contre un projet affirmé d’éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et un autre potentiel pendant l’insurrection populaire. « Ils m’avaient supplié de les laisser s’en débarrasser. Pour eux, « cet officier général était le problème de toute l’armée burkinabè ». Je m’étais toujours opposé à leur projet de liquidation physique du général (…) », lit-on dans l’ouvrage.

La prise du pouvoir

Comment Yacouba Isaac Zida, alors commandant en second de l’ex-RSP est-il devenu Chef de l’Etat pendant l’insurrection populaire ? Parce que « ils avaient eu l’opportunité de se décider et pourtant,  ils avaient refusé de prendre leurs responsabilités ». De qui s’agit-il ? Le Général Gilbert Diendéré, alors chef d’état-major particulier du Président Blaise Compaoré, notamment.

Quant à ceux qui ont pensé à un autre scénario, par exemple que Zida a été envoyé par Diendéré pour prendre le pouvoir et qu’il a par la suite fait volte-face, voici ce qu’il leur répond : « Cette version des faits est une absurdité indescriptible. (…) Mes anciens chefs  du RSP n’étaient pas d’avis que je prenne le pouvoir », écrit-il.

« Le duo Gilbert-Fatou », le cœur du putsch, selon Zida

Ce n’est toujours pas fini. Yacouba Isaac Zida a écrit des choses qui devraient intéresser le procès actuellement ouvert sur le putsch de septembre 2015. Pour l’ancien Premier ministre, cela ne fait aucun doute, c’est Fatou Diendéré, l’épouse du Général Diendéré, qui en est l’instigatrice. Il confie en effet que celle-ci n’avait qu’une ambition depuis de longues années : « devenir la première dame du Burkina Faso ».

Morceaux choisis : « Nous étions convaincus qu’un jour, les rêves les plus enfouis finiraient par émerger à la vue de tous. Cependant, nous étions loin, très loin, d’imaginer que le duo Gilbert-Fatou ou Fatou-Gilbert allait créer sous la transition de 2015, ce que nous appelons aujourd’hui la grave crise politico-militaire de la transition. (…) Fatou et son clan vont tenter leur va-tout le mercredi 16 septembre 2015 en réalisant le coup d’Etat le plus bête de toute l’histoire contemporaine ».

Tirs nourris sur le MPP

 

« (…) La naissance du MPP (…) ne constitue en rien un changement d’orientation politique, mais est une sorte de machine de conquête du pouvoir afin de poursuivre sans Blaise ce que les uns et les autres faisaient déjà sous lui ».

Yacouba Isaac Zida, in “Je sais qui je suis”

Le  Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et tout son champ lexical ( Salifou Diallo, notamment), y compris le Président du Faso, en ont pris pour leur grade dans ce bouquin. Conséquence sans doute de la façon dont s’est terminée la Transition pour Isaac Zida : accusation de détournement de fonds, d’usage de moyens pas très catholiques pour accéder au grade de Général, d’achat litigieux de parcelles. Un épilogue qui l’a conduit en exil au Canada.

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Rapatriement de Isaac Zida : « On n’en est pas encore là » (Roch Kaboré, ministre de la défense)

En ce qui concerne les fonds qu’on l’accuse d’avoir détournés, Yacouba Isaac Zida affirme les avoir utilisés au titre « des dépenses de souveraineté » en tant que Chef d’Etat. « Il s’agissait à l’origine de trois comptes bancaires ouverts depuis de nombreuses années » et « monsieur François Compaoré est le responsable de la gestion de chacun de ces comptes », peut-on lire dans le livre. Ces comptes ont été fermés sous son instruction et leur provision, 758 838 287 F CFA, transférée dans un compte unique créé sous l’intitulé   « compte spécial transition/bureau militaire ».

Cet argent a servi, selon les affirmations de l’auteur, à alimenter la gratification réclamée par le personnel de l’ex-RSP à hauteur de  390 millions de F CFA « parce qu’ils avaient obéi à mes instructions en ne tirant pas sur la population » pendant l’insurrection. Cet argent a été remis au général Gilbert Diendéré. S’ajoutent la gratification du bureau militaire de transition installé au CES et la remise en condition du nouveau siège du parlement de la transition, entre autres.

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« Il s’est trouvé qu’il y avait des comptes de la présidence qui, le jour même de l’investiture du Président Kafando, ont été clôturés par lui (Isaac Zida) pour ouvrir un autre compte. Le compte qui est rouvert, l’argent est où ? Puisque l’argent est dépensé»

L’intégralité ici 👉Roch Kaboré, président du Faso : « Demain, si je quitte et si on me prend en flagrant délit… »

 

«Les dépenses de souveraineté relèvent de la souveraineté exclusive de l’autorité, comme son nom l’indique. Tout ce tapage a été monté simplement par Salif qui voulait coûte que coûte ternir l’image de Zida (…)  Il s’agissait (…) d’une guerre dirigée par Salif et sa bande contre mon avenir politique», écrit Yacouba Isaac Zida.

Le reste dans le bouquin

Le reste est à découvrir dans le livre paru aux Editions Golan, notamment ce qu’il pense des hommes politiques burkinabè, pourquoi il a pleuré avec le Général Diendéré dans sa cellule pendant le putsch, dans quelles conditions exactes il a accédé au pouvoir, des écarts de Hyacinthe Kafando, de ses rapports avec le CDP, son « avenir politique » et « les priorités des priorités » pour le Burkina.

Synthèse de Abdou ZOURE

Burkina24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Il y a 22 commentaires

  1. je suis parfaitement d’accord avec toi mon general. mais le linge salle se lave en famille. viens le pays a besoin de toi pour assurer sa securité.

  2. La ruse des hommes politiques perdue, ne saura s’herser en boussole pour guider les hommes intelligents. Tout à était savamment organiser contre une personne qui a marque les esprits, et par qui Dieu est venu en aide aux burkinabé pendant le moment le plus sombre de l’histoire politique, Dans ma formation en sciences politiques et conscience de masse, Yahaya Abdoul Aziz Younkong Djamuss Djameh Nassirun Den Babili Mansa me disais :<>.
    Mon Général tu doit inscrit une autre page dans l’histoire glorieuse de ton pays !
    Mon General je t’attends !

  3. Très bien dit votre excellence ce n’est pas tout la France n’a pas digérer votre rapprochement d’avec les États-Unis et elle a peur des échéances de 2020 par ce qu’elle vous voie comme un pro américain qu’il faut sacrifier un autre anti France-Afrique la realpolitik oblige

  4. Monsieur Zida merci mais sachez que ce peuple n’est pas dupe.Vous avez divisé cette population lors de votre passage et vous demander au président actuel de les réconcilier.Le peuple sait comment vous vous êtes retrouvé au RSP.Toutes vos richesses comment les avez vous acquises? venez au pays tôt ou tard la vérité se saura. assumez vous comme Auguste dénis et Safiatou Lopez.Ce sont vos propres pratiques qui vous rattrapent.

  5. Monsieur Zida merci mais sachez que ce peuple n’est pas dupe.Vous avez divisé cette population lors de votre passage et vous demander au président actuel de les réconcilier.Le peuple sait comment vous vous êtes retrouvé au RSP.Toutes vos richesses comment les avez vous acquises? venez au pays tôt ou tard la vérité se saura. assumez vous comme Auguste dénis et Safiatou Lopez.Ce sont vos propres pratiques qui vous rattrapent.

  6. La ruse des hommes politiques perdue, ne saura s’herser en boussole pour guider les hommes intelligents. Tout à était savamment organiser contre une personne qui a marque les esprits, et par qui Dieu est venu en aide aux burkinabé pendant le moment le plus sombre de l’histoire politique, Dans ma formation en sciences politiques et conscience de masse, Yahaya Abdoul Aziz Younkong Djamuss Djameh Nassirun Den Babili Mansa me disais :<>.
    Mon Général tu doit inscrit une autre page dans l’histoire glorieuse de ton pays !
    Mon General je t’attends !

  7. je suis parfaitement d’accord avec toi mon general. mais le linge salle se lave en famille. viens le pays a besoin de toi pour assurer sa securité.

  8. Très bien dit votre excellence ce n’est pas tout la France n’a pas digérer votre rapprochement d’avec les États-Unis et elle a peur des échéances de 2020 par ce qu’elle vous voie comme un pro américain qu’il faut sacrifier un autre anti France-Afrique la realpolitik oblige

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