Le programme Intégré Gouvernance Education et citoyenneté : L’heure est au bilan

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L’heure est au bilan pour les acteurs du programme intégré gouvernance éducation et citoyenneté. Lancé en 2018, le projet vise à promouvoir la qualité de l’éducation par une implication des  communautés afin qu’elles s’approprient l’école et favorisent un plus grand accès des enfants à l’école. L’expérience est menée dans 25 écoles de la province de la Gnagna à l’Est du pays où le phénomène de l’orpaillage a la peau dure. Deux ans après, les acteurs réunis à Ouagadougou ce 18 décembre 2019 font un bilan satisfaisant.

Issoufou Komou, assistant éducation à OXFAM

« Au regard des résultats qui nous parviennent, on sent que les lignes commencent à bouger, parce que depuis ces deux dernières années, la province tient la tête au niveau du certificat d’étude primaire dans la région de l’Est », laisse entendre Issoufou Komou, assistant éducation OXFAM.

La Gnagna est classée première au certificat d’étude primaire en 2018 dans la région puis en 2019, première régionale et 2e au niveau national.  «Le projet y a contribué fortement », confie Laurent Bado, Haut-commissaire de la province de la Gnagna.

« Avant l’intervention du projet dans notre province, l’éducation était confrontée à un certain nombre de difficultés. La plupart des indicateurs étaient au rouge, que ce soit le taux d’inscription, le taux de maintien des élèves à l’école et surtout les résultats. La province était classée 4e sur 5 dans la région de l’Est », dit-il.

C’est donc un bilan satisfaisant que tirent les acteurs du projet pour 2019. Car dans le classement au taux de réussite dans la  Gnagna, les écoles (25) où ils interviennent, sont en première position. « C’est une manifestation concrète de la portée de nos actions », lâche l’assistant éducation.

En effet, le projet a pour but de promouvoir la qualité de l’éducation dans la province. Pour ce faire, plusieurs actions ont été menées notamment le renforcement des capacités des enseignants, des encadreurs pédagogiques, la mise en place des organes de « gouvernance » par les élèves au niveau des écoles.  C’est aussi le renforcement des capacités des OSC pour la prise en compte des préoccupations des acteurs de l’éducation dans les budgets et plan d’action communale.

« Ce sont des zones où le phénomène de l’orpaillage est élevé. Nous comptons faire des plaidoyers à travers des actions ciblées afin que les enfants qui sont déjà sur les sites d’or puissent retourner à l’école ou les enfants qui avaient l’intention d’aller sur le site ne puissent pas le faire », explique Komou Issoufou.

Et pour réussir la mission, des partenaires sont mis à contribution, notamment la radio et la troupe théâtrale « Fadima » pour la sensibilisation.

Néanmoins, des difficultés existent. La mise à disposition tardive des finances. « Nous planifions les activités un peu tôt mais il se trouve qu’avec les procédures des partenaires, nous recevons l’argent vers le mois de juin, juillet. Il ne nous reste pas beaucoup de temps pour la mise en œuvre des activités. Ce qui fait qu’on est un peu bousculé et le plus souvent, ça ne nous permet pas d’avoir les effets », explique Tahirou Traoré, coordonnateur national pour l’éducation pour tous.

Et les nombreux déplacements d’élèves dus à l’insécurité ?

Pour l’assistant éducation, «la province n’est pas touchée par le phénomène des fermetures des écoles. Il y a beaucoup d’écoles de la province de la Komandjari et de la Kompienga qui sont fermées. On était obligé de redéployer ces enseignants au niveau de Bogandé, si bien qu’il y a un surplus d’enseignants. Mais  pour le moment, je n’ai pas le nombre d’élèves affectés. Mais pour anticiper, nous sommes en train d’introduire pour 2020, le module save school qui est un module sur la protection des écoles, notre contribution pour que les communautés de ces localités puissent être préparées à affronter l’insécurité au cas où ».

En rappel, le programme Intégré Gouvernance Education et citoyenneté est mis en œuvre par OXFAM à travers la coalition nationale de l’éducation pour tous dans la province de la Gnagna. Il couvre 25 écoles de 5 circonscriptions de base que sont de Bogandé1, Bogandé2, Mani1 Mani2 et Kyon et est prévu pour durer 4 ans,  de 2018 à 2021.

Revelyn SOME

Burkina24

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