Gouvernement scolaire : Un Président du Faso dans une école

570 0

Ouf de soulagement pour les enseignants de la cinquantaine d’écoles pilotes sélectionnées pour l’implémentation du Programme intégré Gouvernance, éducation et citoyenneté. La mise en place de gouvernements scolaires dans ces écoles a permis de faire d’elles des modèles de bonne gestion. Ou plutôt de bonne gouvernance.

Henri Lankoandé, directeur de l’école Bantia de Bogandé dans la province de la Gnagna et ses collègues, sont aux anges. Ils n’auront certainement pas à vivre l’impensable  comme  leur collègue Sita Tinto de l’école primaire de Nagaré dans la Tapoa.

Celui-ci avait eu la peur de sa vie mi-avril 2016. Les collégiens galvanisés à la suite d’un « malentendu » entre un élève de 3e, par ailleurs chef de la classe et délégué général adjoint du comité des élèves du CEG de Nagaré, et son prof de maths avaient mis le cap sur l’école primaire pour y faire sortir les écoliers. Là, en effet, en plus de « jets de pierres » sur les toits des logements des enseignants, « ils sont allés casser le mât du drapeau, enlever le drapeau, déchirer en deux, prendre essuyer leur sueur, traîner ça par terre ». La décision du gouvernement ne s’était pas faite attendre. 

Dans le cadre de l’implémentation du Programme Intégré Gouvernance, Education et Citoyenneté (PIGEC), ces élèves ont appris à « se comporter, à devenir un citoyen responsable en travaillant à se familiariser avec le fonctionnement d’une institution républicaine ».

 https://youtu.be/cPXk2NCGSCs

Avec le gouvernement scolaire présidé par l’élève Bienvenu Yemboiro Lompo avec à sa tête le Premier ministre Flora Kogo et de la porte-parole Priscille Taboudou, leurs camarades se retrouvent ainsi responsabilisés et initiés sur les mécanismes élémentaires de la démocratie.

« Le gouvernement scolaire a vraiment permis de soulager les enseignants avec la responsabilisation des enfants dans les diverses activités organisées à l’école. L’avantage, les enfants en s’auto prenant en charge arrivent à exécuter certaines activités, notamment dans les apprentissages. Ils se surveillent eux-mêmes. L’avantage également, c’est la discipline instaurée à l’école par les enfants eux-mêmes ».

Bienvenu Yemboiro Lompo, élève en classe de CM2 occupe les fonctions de président du Faso. « Pour que l’école puisse se développer », il a mis en place un gouvernement de onze ministres et un secrétaire général avec pour cheffe Flora Kogo, 10 ans, en classe de CM1.

Yemboiro Lompo est intransigeant. Pas de place pour la fainéantise. « Si le président (qu’il est) voit qu’un ministre ne fait pas bien son travail, on peut le révoquer et choisir un autre ». La propreté de la cour d’école est frappante. Aucun sachet plastique ne traine par là. Aucune pierre qui ne soit pas là où elle a été expressément déposée.  

Evariste Lankoandé est ministre de la discipline et de la sécurité. Il prend son rôle beaucoup à cœur. Il n’est pas aisé de lui soutirer des informations relatives à sa mission. Est-ce que vous arrivez toujours à instaurer la discipline ?  Après maintes hésitations, il se décide à répondre par l’affirmative « oui ».

 Comment ? Là, Monsieur sécurité ne se fait pas prier. « En regardant les élèves qui sont des élèves bagarreurs, turbulents et violents ». Et ensuite ? « Je leur dis de laisser la bagarre car ce n’est pas bien. Ils peuvent se blesser ». Et s’ils ne laissent pas ? A cet instant, l’enseignant est l’autorité habilitée pour décider de la sanction à appliquer. « J’écris son nom et je donne au maître ».

Habibou Lankoandé/Ouédraogo est la marraine du gouvernement scolaire. Elle suit à la trace ses membres. L’exécutif scolaire de l’école Bantia « change beaucoup de choses » en commençant par le titre même de ministre. « Cela permet aux élèves de rayonner en dehors de l’école. Ils sont enviés par les autres et cela les pousse à mieux travailler parce qu’on leur dit chaque fois qu’un ministre doit bien travailler. Un ministre doit toujours donner un bon exemple. Cela leur permet de bien réviser leurs leçons, de bien se comporter pour que les autres qui sont derrière eux copient leur comportement ».

Oui KOETA

Burkina24

Oui Koeta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article du même genre

ONI : Le nouveau PCA installé

Posté par - 17 septembre 2019 0
Cyrille Sanon, commissaire divisionnaire de police, nommé président du conseil d’administration de l’Office National d’Identification (ONI),  suivant délibération du conseil…