6e JCFA : Les cinéastes s’érigent contre les violences faites aux femmes

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On se rappelle de l’affaire Azata Soro –Tahirou tasséré, assez relayée  par les médias nationaux puis son tolet au Fespaco 2019 aux yeux du monde entier, les violences faites aux femmes dans le milieu du cinéma assez dénoncées ces dernières années avec le mouvement” Me-Too” aux Etats-Unis, “Balance ton porc en France”, le Fespaco pose le débat à Ouagadougou. En effet, la 6e édition des Journées cinématographiques de la femme africaine de l’image (JCFA), se tient autour du thème « Cinéma, genre et lutte contre les violences faites aux femmes » du 2 au 7 mars 2020.

Les violences faites aux femmes en général sont des thématiques abordées par les cinéastes dans leurs productions. Le monde du cinéma n’étant pas en reste, la femme africaine du cinéma se penche sur la question en ces journées cinématographiques.

 

Les langues se délient partout et en Afrique

« J’avoue que ce n’est pas facile d’entendre ces témoignages de femmes. Il y a des témoignages insupportables de cas d’harcèlement de la part des réalisateurs et producteurs. Les langues se délient dans tout le monde entier. Tous ceux qui  se livrent à ces actes savent désormais que les femmes n’ont plus leur langue dans la bouche et il y a des associations qui les aident à se battre », explique Georgette Paré, comédienne présidente du conseil d’administration de l’associations des comédiennes africaines de l’image.

Face à l’ampleur du phénomène, il faut en parler, discuter afin de trouver des solutions, d’où le thème de la 6e édition des Journées cinématographique de la femme africaine. Le cinéma en soi, selon le délégué général, Ardiouma Soma, peut apporter sa contribution pour faire connaitre les violences faites aux femmes mais aussi sensibiliser et contribuer au plaidoyer.

 Et qui de mieux que la femme pour témoigner de la question de ces violences. Il est plus que temps de se structurer et s’organiser pour se dresser contre ces faits avilissants.

Valentine Palm Sanou, Enseignante Chercheure à l’Université Ouaga I

A l’échelle du cinéma, à en croire Valentine Palm Sou, enseignante et chercheure à l’Université de Ouagadougou, la conférencière du jour, la violence est exercée sur la femme devant ou derrière la caméra. Les femmes dans le milieu subissent un certain nombre de stéréotypes.

Selon  ses explications, très souvent des rôles qui leur sont réservés ne représentent pas une grande valeur au cinéma, mais quand ils y existent elles souffrent énormément, car d’aucuns pensent qu’elles ne le méritent pas et qu’il faut une contrepartie.

Elles font l’objet de désir chez les hommes ou sont dénudées pour tourner des scènes jusqu’à l’atteinte de leur honneur, de leur dignité malgré elles mais ne trouvent pas de moyens pour refuser pour plusieurs raisons.

Elles subissent le plus de harcèlement, de violences  psychologiques et mêmes physiques.

Marie Kanyala Aouba, monteuse en cinéma , enseignante en montage à l’ISIS (à droite) recevant son trophée d’hommage à l’occasion de la cérémonie d’ouverture des JCFA

Le thème est cependant double et pose la question du genre dans le métier. Traiter de la problématique, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de femmes cinéastes, dira le délégué général du Fespaco. Il y en a assez, mais le cinéma a besoin de nouveau regard.

Alors le défi est de faire en sorte que le genre soit vraiment représenté et respecté dans l’industrie du cinéma.

« A 50 ans d’existence du Fespaco, aucune femme n’a remporté l’Etalon d’or. Il s’agira d’aller à la recherche de ces nouveaux talents et de combattre toute sorte de violence qui puisse exister dans le milieu du cinéma », a-t-il laissé entendre.

Outre les échanges autour du thème, les projections de films, il est aussi question du financement des films, de formation de femmes en image, son et montage numérique.

Hommage est rendu à une doyenne du métier, Marie Kanyala Aouba, enseignante en montage cinéma à l’ISIS.

Revelyn SOME

Burkina24

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