Burkina Faso : Chassé du Sahel, déplacé au Centre et orpailleur à l’Ouest

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Les déplacés internes ont fui les exactions terroristes. Réfugiés à Yagma, dans les non lotis de Lalgwéogo, ils montrent leur résilience. Burkina 24 est allé à la rencontre de Ousmane Belem, un déplacé qui fait de l’orpaillage.

Lalwéogo à Yagma, à  une quinzaine de kilomètres de Ouagadougou. Des concessions se dressent. Des déplacés internes y habitent. Des cris d’enfants qui s’amusent animent les murs de ces maisons en cette journée du 1er juin 2020. Ce sont les grandes vacances. Le gouvernement a annoncé la semaine d’avant, la fin des cours pour les classes intermédiaires.

Nous entrons dans une des concessions. Un enfant monte sur un mur. L’hôte des déplacés, Nabonswendé Zango, lui demande gentiment de ne pas jouer à ce jeu dangereux, et de descendre. Puis, il répond à nos salutations.

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A sa suite, vient prendre place, le chef de famille des déplacés internes, Boureima Belem. Le vieil homme a à sa charge plus de 50 personnes.

Originaire de la commune de Tongomayel, dans la province du Soum, il a fait le choix de la fuite avec toute sa famille pour échapper aux terroristes, venus troubler leur quiétude.   « Nous entendions que les terroristes tuent les populations dans les champs. Ils ont tué les gens dans les marchés. Nous avons donc fui pour ne pas être leurs prochaines cibles. Nous sommes venus nous réfugier à Lalgweogo depuis juillet 2019 », relate le vieux Boureima Belem.

Le père de Ousmane Belem et leur hôte

Loin de leur maison, ces déplacés internes ont trouvé des sources de revenus. Le ramassage de sable et l’orpaillage figurent parmi les principales activités de cette grande famille.

Un des fils de Boureima Belem, Ousmane Belem, la trentaine dépassée, le sourire toujours aux lèvres, par exemple, a trouvé une place dans une mine d’orpaillage à l’ouest du Burkina. « Je suis dans l’orpaillage. Les terroristes nous ont chassés et nous sommes venus nous réfugier ici. Nous partons dans les collines pour travailler un peu afin de pouvoir nous occuper de nos familles. Nous ne sommes pas assis comme les vieux. Nous venons et nous repartons travailler. J’ai eu un petit repos pendant la fête (Ramadan). C’est pour cela vous m’avez trouvé à la maison », dit-il.

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Ousmane Belem essaie, à travers cette activité, de se draper dans un minimum de dignité. Toutefois, la réalité reste difficile. Et elle se manifeste dans ces propos de leur hôte, Nabonswendé Zango : « Ce n’est pas facile pour nous les vieux, nous ne travaillons pas. Nous demandons l’aide de toute bonne volonté. Quémander n’est pas une mauvaise chose, c’est voler qui n’est pas bien ».

En attendant, à la fin de son repos, Ousmane Belem repartira dans les “collines” à l’Ouest et leurs dangers. Avec en pensée, l’objectif de mettre à l’abri du besoin sa famille. Dans la mesure du possible.

Irmine KINDA

Burkina24

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