Education: Des boursiers burkinabè attendus dans les universités chinoises

Au nombre de trente-cinq (35), les nouveaux boursiers qui poursuivront leurs études en Chine sont invités à « découvrir de [leur] propres yeux, le secret de la réussite (chinoise ndlr) et s’y inspirer pour le développement » de leur pays le Burkina Faso.

Avant qu’ils ne prennent leur vol pour Beijing, Shanghai, Shenzhen, Wuhan, et bien d’autres villes universitaires, les nouveaux boursiers ont été reçus par l’ambassadeur Li Jian dans la soirée du mercredi 21 août 2019. Le porte-parole Achille Bologo et ses camarades « qui caressaient le rêve d’aller étudier en Chine » ont eu droit aux « vives félicitations » du diplomate pour l’obtention de ces bourses d’études du gouvernement chinois qu’ils ont « méritées». 

« Vous avez fait un excellent choix de poursuivre vos études en Chine. Je peux vous assurer que le niveau d’enseignement de mon pays est hautement apprécié au monde par rapport à d’autres universités occidentales », a-t-il indiqué. Le dernier classement du cabinet Shanghai Ranking donne un aperçu sur cet état de fait.

Ouagadougou et Pékin ont rompu pendant vingt-quatre ans avant de renouer en mai 2018. Pour consolider les liens, les nouveaux boursiers ont été invités à d’abord se constituer en « ambassadeurs de l’amitié sino-burkinabè », à « servir d’intermédiaires entre les deux peuples afin qu’ils puissent se connaitre et se comprendre mutuellement » ensuite et enfin à se dresser en « défenseurs de cette amitié en faisant [leur] propre expérience de la Chine au-delà des idées préconçues diffusées et à oser donner [leur] propre voix pour préserver l’amitié sino-africaine contre des calomnies, des attaques de noircissements de toute nature ».

« C’est à vous les jeunes qui êtes l’avenir de votre pays, de découvrir de vos propres yeux, le secret de cette réussite (chinoise ndlr) et s’y inspirer pour le développement de votre cher pays », Ambassadeur Li Jian

« Découvrir le secret de cette réussite (chinoise) et s’y inspirer pour le développement »

Avant qu’ils ne rejoignent « la Chine aujourd’hui, devenue un pôle majeur de l’attirance à découvrir », ces étudiants burkinabè, majoritairement constitués de nouveaux bacheliers, ont été encouragés par l’ambassadeur Li Jian à « bien saisir cette belle occasion de continuer d’être brillants » pour plus tard contribuer à développer leur pays. Comme l’a fait « la Chine nouvelle qui a fait des progrès remarquables après 1978 » du fait notamment d’étudiants chinois rentrés de France. C’est le cas de Zhou Enlai et de Deng Xiaoping qui est parvenu à réformer le communisme chinois.

Cette rencontre avec les nouveaux « ambassadeurs de l’amitié sino-burkinabè » a été l’occasion pour le diplomate chinois de revenir sur ce qu’il « explique toujours [à ses] amis burkinabè ». A savoir que son pays était sur la même ligne de départ avec le Burkina Faso depuis sa fondation, il y a 70 ans. Pour Li Jian, ces jeunes ont là l’occasion de contribuer à donner à leur pays le visage et le poids qu’ils veulent.

« La politique chinoise de réforme et d’ouverture a révolutionné le pays en 40 ans. La Chine s’est développée. Elle est passée de pays agricole en pays industrialisé. Elle est maintenant la deuxième plus grande économie mondiale. Mais son changement n’est pas automatique. C’est à vous les jeunes qui êtes l’avenir de votre pays, de découvrir de vos propres yeux, le secret de cette réussite et vous en inspirer pour le développement de votre cher pays ».

Le Pr André Jules Ilboudo, conseiller technique du ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation s’est réjoui de l’existence de ces bourses offertes à « cette jeunesse si désireuse de se former et d’aller à la rencontre du monde avec des armes et des bagages professionnels adéquats ». Il les a invités à en faire bon usage, à « être et à donner le bon exemple du Burkinabè intègre » là où ils seront.

De par la voix de leur porte-parole Achille Bologo, les boursiers confient partager « les mêmes aspirations et la même quête du progrès que le peuple chinois dont la grandeur est mondialement connue ». Convaincu que « la grandeur d’un pays se trouve dans la valeur de ses hommes », le diplômé de l’Université Ouaga 2 qui se rendra à Beijing pour poursuivre son cursus universitaire invite ses compatriotes à faire bon usage de l’accompagnement du gouvernement chinois pour la formation de « l’élite » burkinabè.

En réponse à l’invitation du diplomate chinois, les étudiants en partance pour la R.P.C. « un si grand pays dont le courage des ancêtres a permis de construire l’une des sept merveilles du monde (Grande Muraille) », Achille Bologo les a invités à être « le ciment » qui lie les deux cultures.

Comme l’a été Leila Barry qui a passé dix ans en Chine. « C’était une belle expérience de bus, de métro et d’heures supplémentaires. Mais c’était des moments qui restent de beaux souvenirs que je garde en mémoire », se remémore aujourd’hui cette employée de l’entreprise de construction Power China. Elle a invité les boursiers à « ne pas rester dans [leur] coin », car dit-elle, « les Chinois sont très ouverts malgré l’apparence fermée ».

Brice Traoré est à sa dernière année à l’Université de Beihang, (université d’aéronautique et de d’astronomie) en génie mécanique. Il se rappelle du jour où il assistait à une cérémonie similaire la tête pleine de questions. C’était avant son départ pour Taiwan d’où, avec certains compatriotes, il a commencé son cursus avant d’être transféré à Pékin après le rétablissement des relations diplomatiques. « Avec l’appui des autorités chinoises et conjointement avec celui de nos autorités, le transfert s’est fait avec succès », rapporte l’ingénieur.

En rappel, l’initiative a été lancée par le président XI Jinping lors du sommet de Beijing autour du forum sur la coopération sino-africaine en 2018 au cours duquel il a annoncé la délivrance de 50 000 bourses d’études gouvernementales aux pays africains de 2019 à 2021.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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