session ordinaire du conseil municipal de la commune de Ouagadougou

Armand Béouindé : « Mon poste n’entrave en rien une action en justice contre ma personne »

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La première session ordinaire du conseil municipal de la commune de Ouagadougou s’est tenue sous haute tension ce lundi 22 juin 2020. Des manifestants ont exigé la démission du maire Armand Béouindé et manifesté contre la tenue de cette rencontre qui portait sur la validation du compte administratif, gestion 2019 et du budget supplémentaire, gestion 2020. La session s’est poursuivie, mais dans… du gaz lacrymogène.

La matinée de ce lundi 22 juin 2020 a été chaude au palais de la culture Jean Pierre Guingané. Initialement prévue pour 9h, c’est finalement à 11h que s’est tenue la première session ordinaire du conseil municipal de Ouagadougou. Dès 7h, des manifestants avaient investi l’entrée du palais de la culture Jean Pierre Guingané où la rencontre allait se tenir.

« Beouindé dégage », « Beouindé prison », « Mr le maire démission », « Armand va répondre à la justice »… C’est entre autres ce qu’on pouvait lire sur les pancartes des manifestants. Un dispositif sécuritaire a été déployé dans l’enceinte du Palais.

« Nous sommes venus suite à une convocation du maire pour la session. A notre grande surprise, il y a un grand dispositif sécuritaire. Nous sommes empêchés par les policiers d’avoir accès à la salle. Seuls les militants du MPP ont droit à la salle. Nous ne savons pas pourquoi on nous empêche. Peut-être parce que le maire a des velléités inavouées de faire passer une fois de plus la pilule des 77 véhicules», a expliqué le président du groupe municipal UPC, Alban Raogo Zoungrana.

L’adoption du compte de gestion, est-il convaincu, va permettre au maire  « de faire avaler la pilule de location des 77 véhicules à hauteur de milliards ». C’est finalement vers 10h que les conseillers ont pu avoir accès à la salle.

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A la vérification des présences avant le début de la session à 11h, des manifestants ont crié « motion ». Le président de séance, Armand Béouindé, a demandé de vérifier les présences avant la motion. Les conseillers de l’opposition ont, alors, commencé à hurler et à siffler. Pour disperser les manifestants, la police a fait usage de bombe lacrymogène dans la salle. « Même le Maire a avalé du gaz », ironise un confrère.

Malgré la persistance des manifestants, la vérification des présences a été effectuée. Armand Béouindé a indiqué que le quorum est atteint avec 134 présents sur les 254 conseillers que compte la commune.

La manifestation à l'entrée du palais de la culture
La manifestation à l’entrée du palais de la culture

Finalement, le compte administratif gestion 2019 et le budget supplémentaire gestion 2020 ont été adoptés par acclamation des 134 conseillers présents. Mais, c’est sans compter sur la réaction des conseillers de l’opposition qui ont décidé de quitter la salle, abandonnant des copies de documents au palais. Les coups de sifflets et hurlements des manifestants n’ont pas empêché l’adoption du compte administratif et du budget supplémentaire.

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Interrogé sur cette tension avant la rencontre, le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, a reconnu que l’opposition est dans son rôle : « Le développement de la ville ne doit pas souffrir de la politique politicienne. Quand on fait une route, on ne choisit pas qui va circuler dessus.

Ce que nous venons de faire tout à l’heure c’est pour la construction d’écoles. C’est pour appeler nos amis de l’opposition à la raison en leur disant que la politique politicienne arrive. Bientôt, il y aura des élections, on pourra tous aller en campagne. Et ceux qui sont intéressés pourront dire ce qu’ils veulent. Ici, ce n’est pas de la politique, mais c’est du développement. Donc je les appelle à la raison ».

Faisant allusion à l’affaire des 77 véhicules, il a fait savoir que son poste de maire ne le soustrait pas de la justice. « Mon poste n’entrave en rien une action en justice contre ma personne. C’est par les élections qu’on arrive aux responsabilités, pas par autre chose. Ce n’est pas le maire qui engage les dépenses. Tous les appels d’offres sont sanctionnés par une adoption du conseil municipal », a ajouté le maire.

Jules César KABORE

Burkina 24

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